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Réviser la finance 7 min de lecture

Réussir la finance d’entreprise : VAN, TRI, coût du capital

Décision d'investissement (VAN, TRI), coût du capital (CMPC), structure financière, effet de levier et BFR : la méthode pour réussir la finance d'entreprise à l'université.

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La finance d’entreprise est le cœur battant de tout cursus de finance. Elle répond à une question simple en apparence, redoutable en pratique : comment une entreprise doit-elle investir et se financer pour créer de la valeur ? Trois outils structurent la réponse — la VAN, le TRI et le coût du capital — et se retrouvent dans presque tous les examens de L2 et de L3.

Cet article approfondit le volet finance d’entreprise du guide pilier réussir en finance à l’université. Entraînez-vous avec les QCM de finance d’entreprise (L2) et complétez le diagnostic comptable grâce aux QCM d’analyse financière. Pour le lien avec les marchés, voir aussi comprendre les marchés financiers.

La décision d’investissement : VAN et TRI

Investir, c’est engager des fonds aujourd’hui contre des flux de trésorerie futurs incertains. Pour décider, on ramène tous ces flux à une même date grâce à l’actualisation, puis on applique un critère de décision.

La valeur actuelle nette (VAN)

La VAN se lit simplement : VAN = somme des flux de trésorerie futurs actualisés moins l’investissement initial. Chaque flux futur est ramené à sa valeur d’aujourd’hui en le divisant par (1 + taux d’actualisation) élevé à la puissance de son année. La règle de décision est nette :

  • Si la VAN est positive, le projet crée de la valeur : on l’accepte.
  • Si la VAN est négative, le projet détruit de la valeur : on le rejette.
  • Entre deux projets, on privilégie celui dont la VAN est la plus élevée.

Le taux de rentabilité interne (TRI)

Le TRI est le taux d’actualisation qui annule la VAN. Autrement dit, c’est le rendement propre du projet. On le compare au coût du capital : si le TRI dépasse le coût du capital, le projet est rentable. Le TRI parle un langage intuitif — un pourcentage de rendement — ce qui explique sa popularité auprès des décideurs.

VAN ou TRI : quel critère privilégier ?

Les deux critères coïncident souvent, mais pas toujours. En cas de conflit — projets de tailles différentes, flux non conventionnels, projets mutuellement exclusifs — le TRI peut induire en erreur, notamment parce qu’un même projet peut présenter plusieurs TRI. La théorie financière tranche : en cas de désaccord, la VAN prime, car elle mesure directement la richesse créée en euros.

Exemple
Un projet exige 100 aujourd’hui et rapporte 60 dans un an puis 60 dans deux ans. Au taux de 10 %, on actualise : 60 divisé par 1,10 donne environ 54,5, et 60 divisé par 1,21 donne environ 49,6. La somme actualisée vaut environ 104,1, donc la VAN est d’environ 4,1 : positive, le projet crée de la valeur. Le TRI, lui, serait le taux qui ramènerait cette somme à exactement 100.
CritèreCe qu’il mesureRègle de décisionLimite
VANRichesse créée en eurosAccepter si VAN > 0Dépend du taux retenu
TRIRendement propre du projetAccepter si TRI > coût du capitalMultiplicité possible, biais de taille
Délai de récupérationTemps pour récupérer la misePlus il est court, mieux c’estIgnore les flux au-delà et l’actualisation

Le coût du capital (CMPC)

Le taux d’actualisation employé dans la VAN n’est pas arbitraire : il représente le coût des ressources qui financent l’entreprise. On l’appelle coût moyen pondéré du capital (CMPC), ou WACC en anglais.

Le coût des capitaux propres

C’est la rentabilité qu’exigent les actionnaires pour accepter le risque de l’entreprise. On l’estime le plus souvent avec le MEDAF, développé dans notre article réviser l’évaluation d’actifs : plus l’action est risquée, plus les actionnaires exigent une rémunération élevée.

Le coût de la dette

C’est le taux d’intérêt payé aux créanciers, corrigé d’un point essentiel : les intérêts sont déductibles fiscalement. Le coût réel de la dette est donc le taux d’intérêt diminué de l’économie d’impôt, ce qui rend la dette moins chère que les capitaux propres — mais plus risquée pour l’entreprise.

La pondération : le CMPC

Le CMPC combine ces deux coûts au prorata du poids de chaque source dans le financement : CMPC = part des capitaux propres fois leur coût, plus part de la dette fois son coût après impôt. Ce taux unique sert de seuil de rentabilité : un projet ne crée de la valeur que si son rendement dépasse le CMPC.

À retenir
Le coût du capital n’est pas une donnée technique isolée : c’est le pont entre les marchés (qui fixent le prix du risque) et l’entreprise (qui décide d’investir). Un CMPC mal estimé fausse toutes les VAN qui en découlent. C’est pourquoi les examens y accordent une place centrale.

Structure financière et effet de levier

Le théorème de Modigliani-Miller

En 1958, Modigliani et Miller démontrent qu’en marchés parfaits — sans impôt ni coûts de faillite — la valeur d’une entreprise ne dépend pas de sa structure financière : peu importe le partage entre dette et capitaux propres, la valeur totale reste identique. Ce résultat contre-intuitif sert de point de départ. En introduisant l’impôt, la déductibilité des intérêts crée une économie fiscale qui rend la dette avantageuse, jusqu’à ce que le risque de faillite en limite l’usage.

L’effet de levier

La dette agit comme un levier : tant que la rentabilité économique du projet dépasse le coût de la dette, s’endetter augmente la rentabilité des capitaux propres. Mais le levier joue dans les deux sens : si la rentabilité économique chute sous le coût de la dette, il amplifie les pertes. Plus de dette signifie plus de rentabilité potentielle, mais aussi plus de risque.

Erreur fréquente
Croire que s’endetter est « gratuit » parce que la dette coûte moins cher que les capitaux propres. En réalité, chaque euro de dette supplémentaire augmente le risque financier, donc la rentabilité exigée par les actionnaires et le risque de défaillance. L’avantage de la dette a une contrepartie qu’il faut toujours mentionner en examen.

Le besoin en fonds de roulement (BFR)

Au-delà des projets d’investissement, l’entreprise finance aussi son cycle d’exploitation courant. Le besoin en fonds de roulement mesure ce financement : BFR = stocks plus créances clients moins dettes fournisseurs et dettes d’exploitation.

  • Un BFR positif signifie que l’entreprise avance de la trésorerie pour fonctionner (elle paie ses fournisseurs avant d’encaisser ses clients).
  • Un BFR négatif — fréquent dans la grande distribution — signifie que l’activité génère de la trésorerie.
  • Maîtriser le BFR, c’est piloter la trésorerie : réduire les stocks, accélérer les encaissements, négocier les délais fournisseurs.
Schéma reliant la décision d'investissement, le coût du capital et la structure financière
La chaîne de décision en finance d’entreprise : de l’évaluation des projets au choix de financement.

Conclusion : calculer et interpréter

Réussir la finance d’entreprise, c’est coupler deux compétences : un calcul rigoureux (VAN, TRI, CMPC, BFR) et une interprétation économique systématique de chaque résultat. Entraînez-vous sur des énoncés variés avec les QCM de finance d’entreprise, reliez la lecture comptable aux QCM d’analyse financière, et revenez au guide pilier finance pour la vue d’ensemble. Pour accéder à toutes les séries corrigées, créez votre compte gratuit et lancez-vous sur les QCM de finance.

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