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Réviser la finance 6 min de lecture

Réviser l’évaluation d’actifs : MEDAF, actualisation, portefeuille

Actualisation, MEDAF (bêta, prime de risque), diversification, frontière efficiente et modèle de Gordon-Shapiro : la méthode pour réviser l'évaluation d'actifs.

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Combien vaut une action, une obligation ou un projet ? L’évaluation d’actifs répond à cette question fondamentale à l’aide de deux idées majeures : actualiser les flux futurs et rémunérer le risque. Le MEDAF, la théorie du portefeuille de Markowitz et le modèle de Gordon-Shapiro en sont les piliers, omniprésents dans les examens de L3 et de Master.

Cet article approfondit le volet valorisation du guide pilier réussir en finance à l’université. Entraînez-vous avec les QCM d’évaluation d’actifs (L3) et prolongez vers la dimension internationale grâce aux QCM de finance internationale. Pour situer chaque concept, consultez l’index des notions.

L’actualisation : le fondement de toute évaluation

Pourquoi actualiser ?

La valeur d’un actif est égale à la somme des flux de trésorerie qu’il rapportera dans le futur, ramenés à aujourd’hui. On actualise parce qu’un euro reçu demain vaut moins qu’un euro reçu aujourd’hui : il faut « pénaliser » les flux lointains. Concrètement, un flux futur est divisé par (1 + taux) élevé à la puissance du nombre d’années. Toute l’évaluation d’actifs découle de ce principe.

Le choix du taux d’actualisation

Le taux retenu reflète le risque de l’actif : plus les flux futurs sont incertains, plus le taux est élevé, et plus la valeur actuelle est faible. C’est ici qu’intervient le MEDAF, qui fournit précisément le taux de rentabilité exigé en fonction du risque.

À retenir
Évaluer un actif, c’est toujours répondre à deux questions : quels sont les flux futurs attendus, et à quel taux les actualiser ? Le premier point relève de la prévision, le second de la mesure du risque. Un étudiant qui sépare clairement ces deux étapes évite la plupart des erreurs d’évaluation en examen.

Le MEDAF : relier risque et rentabilité

Le Modèle d’Évaluation Des Actifs Financiers (MEDAF, ou CAPM en anglais), développé par William Sharpe dans les années 1960, exprime la rentabilité qu’un investisseur doit exiger pour un actif donné.

La prime de risque

La formule se lit ainsi : rentabilité exigée = taux sans risque, plus bêta multiplié par la prime de risque du marché. Le taux sans risque rémunère le simple report de consommation dans le temps ; la prime de risque du marché est le supplément de rendement qu’exige l’investisseur pour accepter le risque des actions plutôt qu’un placement sûr.

Le bêta

Le bêta mesure la sensibilité d’un actif aux mouvements du marché. Un bêta de 1 signifie que l’actif varie comme le marché ; un bêta supérieur à 1 indique un actif plus volatil que le marché (plus risqué, donc plus rémunéré) ; un bêta inférieur à 1 signale un actif défensif. Le bêta ne capte que le risque non diversifiable, celui qui subsiste une fois le portefeuille bien diversifié.

La droite de marché des titres

Le MEDAF se représente par une droite : en abscisse le bêta, en ordonnée la rentabilité exigée. Tout actif correctement évalué se situe sur cette droite. Un titre au-dessus offre un rendement supérieur à son risque (il est sous-évalué, donc attractif) ; un titre en dessous est surévalué. Cet outil relie directement la théorie à la décision d’achat.

Type de risqueOrigineDiversifiable ?Rémunéré par le marché ?
Risque spécifiquePropre à une entrepriseOui, par la diversificationNon
Risque systématiqueLié à l’ensemble du marchéNonOui, via le bêta
Exemple
Soit un taux sans risque de 3 %, une prime de risque de marché de 5 % et une action de bêta 1,2. La rentabilité exigée vaut 3 % plus 1,2 fois 5 %, soit 3 % plus 6 %, égal à 9 %. Cette action, plus risquée que le marché (bêta supérieur à 1), doit donc rapporter davantage que la moyenne : c’est exactement ce que traduit le MEDAF.

Diversification et théorie du portefeuille (Markowitz)

Risque diversifiable et risque systématique

Harry Markowitz a montré dès 1952 qu’en combinant plusieurs actifs dont les rendements ne varient pas exactement ensemble, on réduit le risque global sans sacrifier le rendement moyen. C’est l’effet de la diversification : « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Une partie du risque — le risque spécifique — disparaît ainsi ; mais le risque systématique, commun à tout le marché, demeure.

La frontière efficiente

Parmi tous les portefeuilles possibles, certains offrent le meilleur rendement pour un niveau de risque donné : leur ensemble forme la frontière efficiente. Un investisseur rationnel choisit toujours un portefeuille situé sur cette frontière, jamais en dessous. Le point de tangence entre cette frontière et l’actif sans risque définit le portefeuille de marché, qui relie directement la théorie du portefeuille au MEDAF.

Astuce
Pour retenir l’intérêt de la diversification, gardez en tête l’idée de corrélation : plus les actifs sont faiblement (voire négativement) corrélés, plus la diversification réduit le risque. C’est la covariance entre titres, et non leur risque individuel, qui détermine le risque du portefeuille — une nuance que les examens aiment tester.

Évaluer une action : le modèle de Gordon-Shapiro

Le modèle de Gordon-Shapiro applique l’actualisation au cas d’une action versant des dividendes en croissance régulière. Il énonce que le prix d’une action est égal au dividende anticipé divisé par la différence entre le taux de rentabilité exigé et le taux de croissance des dividendes. Deux enseignements en découlent :

  • Plus la rentabilité exigée est élevée (actif risqué), plus le prix est faible.
  • Plus la croissance anticipée des dividendes est forte, plus le prix est élevé.

Le modèle suppose une croissance constante et un taux de rentabilité supérieur au taux de croissance : hors de ces hypothèses, il perd son sens. Le taux de rentabilité exigé provient, là encore, du MEDAF, ce qui referme la boucle de l’évaluation.

Relation entre risque, bêta et rentabilité exigée dans le MEDAF et la frontière efficiente
L’évaluation d’actifs relie diversification, MEDAF et actualisation des flux futurs.

Conclusion

Réviser l’évaluation d’actifs, c’est maîtriser une architecture logique : actualiser les flux, mesurer le risque avec le MEDAF et le bêta, réduire le risque par la diversification jusqu’à la frontière efficiente, puis valoriser une action avec Gordon-Shapiro. Entraînez-vous avec les QCM d’évaluation d’actifs, reliez cette théorie aux marchés financiers et revenez au guide pilier finance pour la synthèse. Pour accéder à l’ensemble des séries corrigées, créez votre compte gratuit et lancez-vous sur les QCM de finance.

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